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Compte rendu du congrès des
4, 5 et 6 février 2003
Palais des Congrès - La Grande Motte
SORTIR DU CŒUR DE LA SAISON |
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Mercredi 4 février 2004 de
10 heures à 12 heures :
"SORTIR DU CŒUR DE LA SAISON"
Conférence organisée par la
Chambre Régionale des Industries du Tourisme (C.R.I.T) et le Comité
Régional Du Tourisme Languedoc (C.R.T)
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Trois chiffres pour poser la
problématique : en Languedoc-Roussillon par exemple, on a enregistré
275 000 touristes par jour en moyenne en 2000. Mais la fréquentation
tombe à 42 700 personnes en janvier contre 1 million en août.
Même si nul ne songe évidemment à inverser cette tendance,
l’objectif est de tenter de mieux répartir l’afflux
touristique et de gagner de nouveaux marchés sur les ailes de saison.
Plusieurs pistes de réflexion ont été présentées
par les conférenciers dont celle du tourisme thématique,
comme une alternative aux plaisirs de la plage.
De 900 000 à 1,3 millions de vacanciers sont présents,
chaque jour entre le 14 juillet et le 15 août en Languedoc-Roussillon.
C’est cette période que l’on appelle le cœur de
la saison. Les affaires sont certes bonnes pour les acteurs de la filière
touristique, mais cette concentration sur quelques semaines a bien des
inconvénients.
Premièrement, la demande n’est pas toujours satisfaite faute
de places disponibles. Deuxièmement, il en résulte une surpopulation,
notamment sur les plages, qui nuit à l’image de la destination.
Troisièmement, cela crée des tensions avec la population
locale qui se plaint des interminables bouchons sur les routes qui mènent
au plage.
Enfin et surtout, ces quelques semaines d’activité intense
ne permettent pas d’assurer la pérennité de nombre
d’entreprises du secteur touristique.
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Les enjeux : pérenniser les entreprises
et assurer des emplois à l’année |
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L’enjeu est donc
avant tout d’assurer la survie des acteurs du tourisme, mais également
de tenter de pérenniser l’emploi à l’année.
On notera par exemple que sur les 65 000 emplois directs dans le domaine
touristique en Languedoc-Roussillon, 32 000 sont des saisonniers.
Afin de réussir ce redéploiement vers les ailes de saison,
plusieurs pistes de réflexion intéressantes sont à
creuser.
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Surfer sur les nouvelles habitudes de consommation
de vacances |
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Plusieurs intervenants ont souligné
l’importance de s’adapter aux nouvelles habitudes de loisirs
prises par les Français notamment depuis la réduction du temps
de travail. Ils prennent moins de vacances longues, mais souhaitent partir
plus souvent. Les nombreux ponts du printemps leur permettent de cumuler
quelques jours consécutifs. Mais se pose alors souvent le problème
de l’accueil dans les stations touristiques avec le manque d’activités
et de commerces ouverts. De l’avis de tous, un effort est indispensable
pour attirer de nouveaux clients sur les ailes de saison. |
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Séduire de nouvelles niches de touristes
: les seniors, les adultes avec jeunes enfants… |
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Par ailleurs, certaines catégories
de touristes sont plus enclin à partir hors saison parce qu’ils
n’ont pas d’impératifs notamment en terme de respect
du calendrier scolaire. C’est le cas des « seniors » ou
des adultes accompagnés d’enfants en bas-âge.
Pour les attirer, il est nécessaire de proposer des produits ciblés
qui correspondent à leurs attentes et besoins particuliers.
Il est essentiel d’élaborer des campagnes de communication
en direction de cette clientèle.
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Le tourisme thématique ou la valorisation
des atouts d’une région |
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Enfin, l’une
des orientations qui semble très prometteuse est celle du tourisme
thématique. On peut par exemple citer le tourisme culturel ou historique
qui s’appuie sur la richesse du patrimoine d’une région.
Cela peut être l’oenotourisme dans les régions à
forte identité viticole. Le golf peut aussi être un thème
très porteur à mettre en avant.
Ce ne sont là que quelques exemples qui impliquent de repenser
l’organisation de l’industrie touristique. Dans le même
temps, cette remise en question est une véritable invitation à
faire preuve d’imagination.
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Le Littoral en toute saison : l’exemple
Pierre et Vacances |
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Parmi les intervenants, Jean-Luc Chrétien
de la société Pierre et Vacances a exposé la stratégie
mise en place par son groupe pour sortir du cœur de la saison.
Et ça marche puisque, sur les 43 résidences et Villages «
Bord de Mer » du groupe, 23 sont ouverts « toute l’année
», et 90% des 11 500 appartements sont également proposés
à la location à l’année.
Jean-Luc Chrétien a souligné que « les deux raisons
principales du choix des périodes hors vacances scolaires sont :
« il y a moins de monde » et le prix ».
Pierre et Vacances a défini une cible prioritaire sur ce créneau
des ailes de saison, ceux qui ne sont pas tenus au respect du calendrier
scolaire pour leurs dates de vacances.
Ce sont les familles avec enfants non scolarisés et les Couples «
Post-enfants ».
Mais les familles avec enfants scolarisés venant de l’étranger
font également partie de ce segment prioritaire puisque le calendrier
scolaire est différent de celui de la France.
Pour attirer et fidéliser ces clientèles sur les ailes de
saison, la société Pierre et Vacances a mis en place un marketing
adapté. Ce sont par exemple pour les familles avec enfants non scolarisés,
l’existence de clubs enfants ou clubs bébés, et des
équipements aquatiques couverts.
Pour les couples « post enfants », l’accent est mis sur
l’accès à la découverte de la région concernée,
des équipements de thalassothérapie sont proposés ainsi
que des services de proximité.
Enfin, pour les étrangers, un effort particulier est fait sur le
service dans leur langue.
Concernant les tarifs, c’est un argument important pour la clientèle
des ailes de saison, Pierre et Vacances propose des prix revus à
la baisse de 25 à 40 % et assouplit les règles en matière
de durée du séjour, les arrivées et départs
sont libres pour s’adapter à la demande de courts séjours
parfois décidés au dernier moment. |
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Entretien avec le Directeur général
de Maison de la France |
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Thierry Baudier
: « Il faut qu’il y ait des touristes partout et tout le temps
»
Quel
est l’enjeu du développement des ailes de saison pour le
tourisme en France ?
- T.B. : « L’enjeu est de toute première importance.
Pour rester leader, nous devons prendre en compte l’évolution
majeure que constitue le développement des courts séjours
et autres « city-break ». Notre offre doit coller aux attentes
de la clientèle. Notre action consiste à proposer une offre
qui soit spacio-temporelle. Cela veut dire que cette offre doit être
répartie géographiquement sur les régions françaises,
et aussi sur le Littoral que dans l’arrière-pays au sein
d’une région donnée. Et en matière de répartition
dans le temps, c’est la même chose, nous disons qu’il
faut des touristes partout et tout le temps ».
Quelles sont les actions que mène Maison de la France
dans cette direction ?
- T.B. : « Côté communication, nous menons par exemple
des actions de promotion au printemps avec l’opération «
Printemps sur mer ». Je peux citer aussi « La campagne vous
invite à la campagne » ou encore les actions dans le créneau
du tourisme Nature. Par le regroupement des acteurs du tourisme, nous
tendons également à approcher au mieux notre objectif principal
qui est de proposer une offre de qualité dans tous ses aspects.
Dans le cadre du Club Littoral par exemple, les stations qui adhèrent
s’engagent à respecter des règles comme l’ouverture
des commerces afin d’offrir le maximum de services et donc de qualité
».
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Entretien avec le Directeur du CRT Languedoc-Roussillon |
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Christophe Tosi : « Il
faut mettre en musique l’offre régionale »
Quelles sont les actions que mène la Région pour
accompagner le développement des ailes de saison ?
- C.T. : « Déjà, il faut préciser qu’en
Languedoc-Roussillon, la part du tourisme non marchand, c’est-à-dire
le tourisme en résidence secondaire est largement majoritaire,
il constitue 77%. Ainsi les ailes de saison se sont imposées d’elles-mêmes
et nous pouvons dire qu’aujourd’hui la saison débute
en avril au moment des vacances de Pâques. Pour le tourisme marchand,
le phénomène existe aussi, mais il faut encore améliorer
l’accueil. Et cela relève d'une action commune des institutionnels
et des professionnels. Il faut également des volontés locales
fortes, comme l’ouverture des commerces mais aussi a la mise en
place d’activités en dehors de la haute saison. A partir
de là, le rôle du CRT et de mettre en musique et de valoriser
l’offre régionale avant la saison pour que tout soit prêt
».
Justement, en matière de communication, comment le CRT
promeut la destination sur les ailes de saison ?
- C.T. : « Depuis quelques années déjà, nous
positionnons nos campagnes de communication en avant-saison notamment
autour du thème du bien-être. Par exemple. notre dernière
campagne a été présentée ce mois-ci (NDLR
: mars 2004). C’était une campagne olfactive sur les senteurs
de notre région. Nous avons diffusé durant une semaine des
senteurs de romarin qui rappelle la garrigue dans toutes les gares parisiennes
sur le thème de « En Languedoc-Roussillon, ça sent
bon les vacances ». Cela permet d’associer de communiquer
également sur l’Arrière-pays ».
Vous misez aussi beaucoup sur le développement du tourisme
thématique ?
- C.T. : « Effectivement, nous consacrons beaucoup d’énergie
à développer les filières thématiques. Le
nautisme par exemple qui permet d’enrichir l’offre du littoral.
Ce n’est plus seulement la plage, mais aussi la pratique de tous
les sports nautiques que nous mettons en avant. Des activités qui
peuvent se pratiquer en avant-saison.
Nous développons également le thermalisme et la thalassothérapie,
un secteur pour lequel je le rappelle, nous sommes la deuxième
région après l’Aquitaine. Et nous venons de créer
un Institut régional du thermalisme. L'activité hors saison
représente 90% de l'activité annuelle dans ce domaine. Le
secteur de l’agriculture et plus particulièrement de l’oenotourisme
est également une de nos priorités, cela se fait en lien
avec les Relais tourisme Vignerons.
Et puis, il y a le golf qui peut se pratiquer chez nous tout au long de
l’année, un créneau très intéressant
puisque 80% de la fréquentation golfique a lieu hors saison. Enfin
nous nous employons à valoriser les trésors du patrimoine
que sont le Pont du Gard ou la cité de Carcassonne pour ne citer
qu’eux ».
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Optimiser le taux de remplissage grâce
au Yield Management |
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Deux experts du
Yield Management ont présenté lors de cette conférence
une nouvelle méthode de gestion qui trouve parfaitement sa place
dans le débat sur le développement des ailes de saison.
Cela consiste à gérer en temps réel les disponibilités
d’une entreprise (avions, mais aussi hôtels, campings, etc.)
afin d’optimiser le taux de remplissage.
Le Yield Management s’appuie sur la pratique de tarifs différenciés
selon divers critères.
Par exemple, en haute saison, les prix seront bien sûr plus élevés,
et il existera plusieurs classes de tarifs pour s’adapter au mieux
à l’évolution du carnet de réservation.
A l’inverse, à J-1, le système électronique
proposera un tarif « cassé » pour s’assurer tout
de même de vendre la nuitée.
En général, les entreprises de services sont soumises à
des coûts fixes très importants. Elles peuvent donc user
du Yield Management pour se prémunir du risque d’invendus
tout en satisfaisant leur clientèle.
Cette nouvelle méthode de gestion, très utilisé dans
le secteur du transport aérien, s’appuie sur les nouveaux
moyens de technologie. Mais le Yield Management est désormais pratiqué
dans des entreprises de toutes tailles.
Les bienfaits de cette gestion se répercutent sur l’ensemble
des acteurs. Le fournisseur en tire une hausse du chiffre d’affaires
et du résultat. Le consommateur obtient, lui, des tarifs plus attractifs.
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Programme 2004 |